` 11 Novembre 2010 | Vivez Saint-Pierre

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11 Novembre 2010

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Monsieur Alfred LAMY diplômé d’honneur

RHIN&DANUBE

LA PREMIERE ARMEE FRANCAISE

Voici l’histoire de la 1ère Armée Française, fantassins, chars, soldats de montagne, qui depuis son débarquement au sud de la France remonta la vallée du Rhône avec le drapeau tricolore, lui fit franchir le Rhin et l’amena au cœur de l’Allemagne.

Elle joua un rôle important dans la victoire des Alliés. Son plus brillant exploit reste le franchissement des Vosges accompli avec tant de rapidité et d’habileté dans la manœuvre qu’il enleva à l’ennemi tout espoir de pouvoir établir une ligne de défense le long de cette barrière stratégique.

Le général de Lattre de Tassigny, chef de cette armée, fût un brillant technicien et un grand entraîneur d’hommes. Après la Deuxième Guerre mondiale, il rendra encore des services extraordinaires à son pays et au monde libre, d’abord en tant que chef des forces terrestres de l’Union occidentale, puis en tant que haut commissaire et commandant en chef en Indochine. Sa mort prématurée fut une lourde perte pour la France et pour la liberté. Une nation reconnaissante, se souvenant de ses services et de ceux de ses soldats, lui a conféré à titre posthume le plus grand honneur militaire : la dignité de maréchal de France.

Le général de Lattre de Tassigny, insuffla, un élan vital, à la 1ère armée française, de la Méditerranée au-delà du Rhin et du Danube.

Cette armée, c’était la jeunesse de la France, une jeunesse engagée. C’était là sa marque la plus visible, la plus éclatante, celle qui sautait d’abord aux yeux de ceux qui vous voyaient passer sur les routes, à Toulon, Marseille, Lyon, Dijon, Belfort, Mulhouse, Colmar, Karlsruhe, Stuttgart, Ulm et Constance…

Elle était aussi une âme, une volonté de victoire, une amitié, peut-être une mystique, et, mieux encore, un miracle d’unité nationale. Mais les miracles ne sont jamais spontanés. Celui-là fut réalisé par le général de Lattre, avec une foi, une psychologie, une ténacité qui parvinrent à fondre dans un creuset les éléments sociaux les plus disparates.

Tous les soldats de De Lattre, du plus humble de ses fantassins, de ses marins, au plus étoilé de ses généraux, ont été portés par la fierté et la certitude qu’ils écrivaient, tous ensemble, les chants d’une sorte d’épopée populaire, même si les Français d’alors s’en souciaient plus ou moins. Les survivants de 1945, et vous en êtes Monsieur LAMY, n’ont pas perdu la mémoire de ces jours fraternels.

Aux  nouvelles générations, nous demandons seulement qu’elles n’oublient jamais la part de sacrifices qui paya le prix de leur liberté.

CEREMONIE DU 11 NOVEMBRE 2010

Monsieur Alfred Lamy est mon grand père. Je lui prête ma voix à l’occasion de cette commémoration du 11 novembre.

Les tranchées, les poilus, la « Der des Der ». Des mots qui symbolisent le premier conflit mondial où ont pris part plus de 60 millions de soldats. 10 millions de personnes y ont trouvé la mort et 20 millions sont devenues invalides. On surnommait certains d’entre eux « les gueules cassées ». Vos aînés en ont certainement connu ou croisé.

Cette guerre a parfois été qualifiée de Totale car elle a atteint une échelle et une intensité inconnue jusqu’à lors.

Ce conflit laisse des milliers d’orphelins et de désoeuvrés et surtout un esprit de haine et de revanche qui prépare déjà la seconde guerre mondiale.

Cette seconde guerre qu’a vécu mon grand père.

En 1940, Alfred Lamy, agé de 16 ans, commence à lutter contre l’occupant en transportant des fonds pour des groupes de résistants, en délivrant des certificats, en accueillant des réfugiés…

Entre 42 et 44, il rejoint le maquis en Eure et loir où il participe à des opérations de parachutage, à des actions de sabotage, à l’attaque d’un camion allemand.

En 1944, il intègre, le 3éme bataillon du 131éme régiment d’infanterie. De résistant de l’ombre, il devient engagé volontaire et il défile le 11 novembre 1944 sur les Champs Elysées devant le Général de Gaulle. Un grand honneur pour mon grand père.

Fin 44, la quasi totalité du territoire Français est libéré sauf le sud ouest où il combat toujours.

C’est alors que mon grand père comme des milliers de combattants s’est acharné la rage au ventre, l’espoir au cœur à libérer les poches de l’Atlantique.

Tu as échappé de peu aux troupes du « das reich » auteur du massacre d’Ouradour. Tu m’a confié avoir eu « la Baraka ». Une chance, Hélas, que ton jeune frère, Pierre, n’a pas eu. C’était une jeune FFI comme toi. Il était guide pour les forces américaines. Il a été tué le 2 août 44 à Ste Cecille dans la Manche. Il avait 17 ans. Je sais que tu penses souvent à lui. Alors, nous lui rendons hommage .

Nous témoignons aujourd’hui au jeune résistant que tu as été et à l’homme de valeurs que tu es toujours tout le respect et la gratitude dus à ceux qui ont risqué leur vie pour libérer leur pays et sauver les valeurs humaines qui s’y attachent.

Je me demande souvent quels choix j’aurais fait à ta place.

Ton épouse « ta force tranquille » à tes côtés depuis 64 ans, tes enfants, tes petits enfants et tes arrières petits enfants, sont heureux pour toi aujourd’hui et fiers que tu sois à l’honneur.

Comme le disait De Gaulle à Jean Moulin, tu as fait parti de « ces Hommes de l’Ombre qui sauvèrent la lumière ». Une lumière que nous devons chérir et préserver avec vigilance.

Et Merci tout simplement d’être là. Séverine Leblanc à Alfred Lamy

Le 11 novembre 2010 à St Pierre du Vauvray

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